Les élèves les plus performants scolairement et ceux issus de milieux sociaux favorisés montrent une meilleure capacité à distinguer les vraies des fausses informations et une moindre adhésion aux croyances conspirationnistes, selon une étude ( AFP / Loic VENANCE )
Les élèves les plus performants scolairement et ceux issus de milieux sociaux favorisés montrent une meilleure capacité à distinguer les vraies des fausses informations et une moindre adhésion aux croyances conspirationnistes, selon une étude du ministère de l'Éducation publiée jeudi.
Menée en septembre 2022 auprès de 8.000 élèves de sixième et 15.000 élèves de seconde, cette enquête constitue la première évaluation de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), rattachée au ministère, portant spécifiquement sur l'esprit critique des élèves.
Les élèves de sixième parviennent en moyenne à identifier la véracité de six informations sur dix, contre sept en seconde. Rapportés à un score de discernement dont la moyenne est fixée à 250 points, ces résultats se traduisent par 232 points en sixième et 260 points en seconde.
Cette capacité est fortement liée aux résultats des évaluations nationales de début de sixième et de seconde, en particulier en français.
En sixième, les élèves dont les résultats en français se situent dans le tiers le plus faible obtiennent un score moyen de 215, contre 247 pour ceux du tiers le plus élevé. En seconde, l'écart entre ces deux groupes est du même ordre de grandeur.
Le cadre de scolarisation et l'origine sociale pèsent également. Les élèves passés par le privé ou le public hors éducation prioritaire obtiennent par ailleurs de meilleurs scores que ceux scolarisés en REP ou REP+, soulignent les auteurs.
De même, le quart des élèves de seconde les plus favorisés affichent un score de discernement de 271 contre 248 pour le quart le moins favorisé.
Le constat est similaire en matière d'adhésion aux croyances conspirationnistes.
Mesuré à partir de huit affirmations, le score moyen s'établit à 248 en sixième et à 251 en seconde, sur une échelle dont la moyenne est fixée à 250, un score plus élevé traduisant une plus forte adhésion à ces croyances.
Dans le détail, en sixième, le score moyen d'adhésion est de 262 chez les élèves du tiers le plus faible en français, contre 234 pour ceux du tiers le plus élevé. Les élèves scolarisés en REP ou REP+ et ceux issus de milieux moins favorisés présentent également des niveaux d'adhésion plus élevés.
Les thèses les plus radicales sont toutefois largement rejetées : trois quarts des élèves ne croient pas que des groupes secrets contrôlent l'esprit des individus.
En revanche, 58 % des élèves de sixième et 74 % de ceux de seconde estiment que le gouvernement cache délibérément des informations importantes au public.
"Un accord partiel avec certaines affirmations n'est pas nécessairement le signe d'une pensée irrationnelle, mais peut refléter un esprit critique mesuré", souligne néanmoins la Depp.

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